Arbres à chiffons

Publié le par Pénitent vert

Des arbres à loques à notre époque... Vraiment loufoque ?


Avec leur racines qui plongent dans les entrailles de la terre et leurs branches qui se dressent vers le ciel, les arbres constituent depuis la nuit des temps des lieux de culte très prisés. Dans la région, certains d’entre eux font toujours l’objet d’une forme de dévotion toute particulière...

Un croisement entre deux petites routes de Flandre. Au beau milieu, un tilleul. Rien n’indique au premier abord que ce tilleul-là n’est pas comme les autres. Il faut s’approcher en effet pour commencer à distinguer, ici et là, petits chiffons et minuscules bouts de tissus noués aux branches.

Le temps et les éléments ont décoloré ou verdi la plupart. Mais la fraîcheur des couleurs de certains laisse à penser qu’on les a accrochés là récemment.

Au coeur de la ramure, une petite niche abrite une statuette de la Vierge. Nous sommes devant l’arbre à loques du Ziekelinde, à Bailleul. Un « Tilleul des malades » qui a toujours son petit succès auprès de ceux qui y placent leur espoir de guérison.


Culte à Hasnon

De l’autre côté de la région, près de Saint-Amand-les-Eaux, l’arbre à loques de Hasnon aurait, dit-on, les mêmes vertus. Planté à proximité de la petite chapelle de Gibloux, il attire depuis des décennies les guenilles, bandages et vêtements de toutes sortes. Menacé un temps d’être abattu – car jurant quelque peu dans le paysage –, cet arbre défie toujours ses détracteurs.

Face aux arbres à loques, le culte officiel s’est fait une raison depuis longtemps. L’Église a d’ailleurs très tôt essayé d’assimiler ces manifestations cultuelles, païennes à l’origine, en y plaçant une petite vierge par exemple, comme à Bailleul.

Quant aux médecins des environs, ils savent très bien que les malades vont d’abord frapper à leur porte avant d’orner l’arbre d’une loque. Il y a un siècle, on aurait plutôt fait l’inverse.

La tradition des arbres à loques (ou encore arbres à clous, arbres à godailles, arbres à chiffons), si elle est en recul dans la région comme un peu partout en Europe, demeure cependant vive en Asie ou en Afrique. • CH. C.

 

 


 

 

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Autant de versions que d'hypothèses ont circulé quant à l'origine de la ' tombe à la fille ' de la forêt de Teillay. Il existe un rapport du commissaire du directoire exécutif de l'époque signalant qu'à la fin de l'année 1795, Marie Martin, une jeune fille de Tresb'uf âgée d'environ 19 ans, aurait signalé à la garde nationale de Bain-de-Bretagne qu'une bande de chouans se cache dans la forêt de Teillay. En représailles, quelques chouans s'emparent de la jeune fille, l'attachent par les cheveux à la queue d'un cheval et l'entrainent jusqu'à la forêt où elle subit divers outrages avant d'être pendue par les cheveux à la branche d'un chêne. Une autre version ajoute qu'un royaliste, un certain Jouon du village de Saint-Malo-en-Teillay, l'achève d'un coup de fusil dans la bouche afin d'abréger ses souffrances. Le corps est enterré sur place, sous le chêne. Depuis, Marie Martin, devenue sainte Pataude pour le peuple, est l'objet d'offrandes, de prières et d'invocations pour faire disparaitre la fièvre, pour vaincre la stérilité, la paralysie et la débilité infantile, pour faire marcher les enfants. Une multitude d'objets hétéroclites, vêtements, chaussures, petites croix, photos, pièces de monnaie, enveloppes cachetées contenant des messages ou des voeux et fleurs entourent la tombe comme autant d'ex-voto. Un véritable culte est voué au lieu et la tombe est régulièrement entretenue.

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