Le permafrost

Publié le par Pénitent(es) Vert(es)

Permafrost est une définition du dictionnaire environnement et développement durable

 

Désigne le sol gelé en permanence. Le permafrost est un terme de géologie qui désigne un sol dont la température se maintient en permanence inférieure ou égale à 0°C, pendant une période de deux ans. On parle aussi de pergélisol dans les manuels spécialisés, ainsi que de tjäle (en suédois) et de merzlota (en russe). Le permafrost représente 20% de la surface de terre du monde. La couche de terre qui se trouve au dessus du permafrost et qui dégèle en été est appelée zone active, elle permet le développement des plantes, alors que le permafrost ne le permet pas. La formation, la persistance, ou la disparition du permafrost sont étroitement liés aux changements climatiques. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est étudié en tant qu'indicateur sur le réchauffement de la planète. Ainsi, une étude réalisée par des scientifiques a révélée un important dégel du permafrost de Sibérie occidentale.
Selon les scientifiques qui ont réalisé cette découverte, la plus grande tourbière gelée du monde serait en train de fondre pour la première fois depuis sa formation il y a 11.000 ans. Une tourbière est un écosystème particulier composé principalement de plantes adaptées à un milieu gorgé en eau et dont les débris s'accumulent. La lente décomposition de ces éléments produit la tourbe, matière contenant jusqu'à 50 % de carbone. L'époque de formation des tourbières remonte à +/- 10.000 ans.
La phase de dégel aurait débuté il y a trois ou quatre années, et la superficie concernée ferait plus d'un million de kilomètres carrés, soit la superficie de la France et de l'Allemagne réunies.
Encore plus grave, la tourbe génère du méthane, un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone émis par les automobiles. Pour l'instant, 70 milliards de tonnes de méthane sont retenus par le permafrost. Mais celui-ci se liquéfie à une vitesse surprenante, et le méthane qu'il contient s'échappe dans l'atmosphère. Les scientifiques craignent donc que le dégel du sol sibérien ne contribue de façon exponentielle au réchauffement de la planète.

 


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La fonte du permafrost libérera plus de gaz à effet de serre que prévu

De nouvelles recherches menées par une équipe internationale de scientifiques indiquent que la fonte du permafrost libérera plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère que prévu.

Selon l'étude publiée par les chercheurs dans la revue BioScience, on estime à près de 1672 pétagrammes (1 pétagramme équivaut à 1 milliard de tonnes) la quantité de carbone stocké dans le permafrost des régions environnantes du pôle Nord. Cette estimation, qui prend en compte le carbone stocké dans les profondeurs du permafrost, représente plus du double des estimations précédentes pour cette région et plus du double de la taille de l'intégralité du bassin de carbone atmosphérique.

Les scientifiques savent que la fonte du permafrost se traduira par une libération importante de dioxyde de carbone, qui correspondrait à environ la moitié des gaz rejetés par les changements d'exploitation des sols tels que la déforestation.

Les chercheurs nous préviennent que «malgré les mécanismes qui pourraient en partie compenser certains des effets de la fonte du permafrost sur le climat, la libération du carbone dans l'atmosphère est susceptible de devenir une source importante de carbone au cours du siècle prochain».

Par permafrost, on entend un sous-sol gelé dont la température ne dépasse pas 0 degré Celsius pendant au moins deux années consécutives. Le permafrost s'étend sur une bonne partie de l'Arctique et des régions environnantes, et compte pour plus d'un cinquième de la superficie des sols dans l'hémisphère Nord. Dans ce sol gelé, les processus à l'origine de la libération du carbone dans l'atmosphère, tels que la décomposition, sont considérablement ralentis.

À mesure que la planète se réchauffe, le permafrost dégèle et la décomposition s'accélère, libérant des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Certains modèles climatiques estiment que la hausse des températures pourrait atteindre les 8°C d'ici la fin du siècle dans l'Arctique.

Certains effets de la fonte du permafrost sont d'ores et déjà visibles dans les modèles géographiques appelés thermokarsts, qui parsèment certaines parties de l'Alaska et de la Sibérie. Des dépressions et des trous sont visibles sur les sols des régions où subsistent les traces du permafrost qui a fondu, provoquant l'affaissement du terrain en amont. Dans les régions boisées, la fonte du permafrost provoque un phénomène que l'on appelle «les forêts ivres», où les arbres se penchent à des angles surprenants. Les routes traversant ces terrains s'affaissent en raison des thermokarsts ; en outre, les maisons construites sur le permafrost risquent de s'incliner et, à terme, de s'affaisser, si un thermokarst se trouve sous les fondations.

Lors de cette étude, les chercheurs ont pris en compte les processus complexes à l'origine du mélange des sols à différentes profondeurs à mesure que le permafrost fond et gèle. Lorsque le permafrost fond, le sol se retourne, acheminant la matière organique à la surface.

La réduction du permafrost conduira probablement au déplacement des arbres vers de nouvelles régions, lesquels absorberont le dioxyde de carbone pendant ce processus. Toutefois, les scientifiques nous préviennent que ce phénomène ne compensera en aucun cas le carbone libéré par la fonte du permafrost.

Notes

Cette étude est une contribution au groupe de travail sur la «vulnérabilité du carbone dans le permafrost» dans le cadre de l'Année Polaire Internationale, qui s'étend sur la période 2007-2008.

Référence

Schuur, EAG et al. (2008) Vulnerability of permafrost carbon to climate change: implications for the global carbon cycle. BioScience 58 (8): 701-714. DOI: 10.1641/B580807.

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