Quand la nature guérit

Publié le par Pénitent vert

Plutôt réputé pour sa toxicité, l’if commun - Taxus baccata, arbre de la famille des conifères (mais il ne produit pas de cônes et n’est pas résineux) - est utilisé pour la fabrication de médicaments contre le cancer… Cela peut surprendre.
La société Opale HE, spécialisée depuis 1993 dans les matières végétales à usage pharmaceutique, collecte les jeunes pousses et c’est à partir des aiguilles que l’on obtient - par hémisynthèse - le docétaxel, alcaloïde et principe actif anticancéreux.

 

Cleaned-Illustration Taxus baccata


Opale HE collecte sur tout le territoire français, de grandes et de petites quantités via ses services dépêchés sur place. Pour le Pas-de-Calais, un agriculteur se charge de ramasser le précieux végétal, dans d’obligatoires courts délais.
Voilà une activité de cette société qui a meilleure presse que d’autres, et très originale (lire ci-dessous) . La démarche est assez simple. D’abord repérer les haies d’ifs au gré des collectes. Contacter ensuite et alerter les propriétaires. Il leur est alors demandé de ne rien jeter des déchets issus de la taille, juste de faire un tas, à l’ombre. En moins de quarante-huit heures, la « marchandise » est enlevée gratuitement. Seulement le message ne passe pas encore très bien, d’aucuns n’apprécient guère que le collecteur puisse s’enrichir sur leur dos, parce que oui, évidemment, il ne travaille pas bénévolement.?Pour aller chercher un tas d’aiguilles en Flandres, les frais kilométriques ne sont pas dérisoires. Le ramassage qui ne coûte rien au « tailleur », fait partie intégrante des revenus de l’entreprise et permet d’avoir un employé à l’année, plutôt qu’un saisonnier. Pour cette quatrième saison, le bilan est (encore) à la hausse. Au total, quatre semi-remorques pour vingt-cinq tonnes de tailles revendues à Rouen. L’if y sera coupé, séché, broyé et enfin expédié dans les maisons pharmaceutiques par la SNPM (Stéphane Noir Plantes Médicinales), seule entreprise sur ce marché en France. L’utilité du docétaxel est reconnue, il est cependant nécessaire de lancer un appel aux collectivités (nombreux sont les ifs qui ornent les cimetières et autres ronds-points), mais aussi aux particuliers, pour que ces collectes puissent se développer, et ainsi entrer dans les mœurs. Oui, il s’agit bien d’une activité économique, reste que la bonne cause est incontestable.

Le bois d'if était utilisé au Moyen Âge pour la confection des arcs et des arbalètes. De nos jours en Angleterre, on utilise encore ce bois rouge foncé, très dur, pour fabriquer des meubles.
L’if était vénéré par les Celtes, arbre sacré des druides. Les feuilles étaient cuites pour en extraire le poison. Le médecin grec Dioscoride, chirurgien des armées de Néron, avait même peur d'être empoisonné en dormant sous ses feuilles !
Si la tradition a fait de l’if commun ou de l’if d’Irlande les principaux ornements de nos cimetières, c’est d’abord en raison de leur longévité (au moins 1 500 ans !) et parce que la toxicité éloignait le bétail…

Fabricant d’huiles essentielles de poireau, oignon, cerfeuil, ail ou encore ciboulette et échalote, voilà qui n’est pas banal. L’activité, longtemps accusée de braver les normes en vigueur et de troubler la tranquillité olfactive du voisinage, a perduré. Sans outrepasser ses droits, Patrice Ferrant, le gérant de Ferrant PHE, a continué de presser, distiller, tout en réalisant des efforts pour réduire les éventuelles gênes. Destinées aux fabricants d’arômes, les huiles sont utilisées ensuite pour l’agroalimentaire et la parfumerie. Réputées à travers le monde, elles ont la particularité d’être 100 % naturelles… donc un peu plus chères que celles de ses concurrents directs qui inondent le marché d’huiles synthétiques. Peu importe, le credo du patron est la pureté, il y tient. La matière première est cultivée sur place par le fabricant lui-même, agriculteur avant tout, ou par d’autres producteurs locaux sous contrat. La traçabilité du produit est donc imbattable, atout non négligeable.
Dans le domaine des huiles essentielles, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a insisté auprès des professionnels sur « le respect des critères de qualité des matières premières, du mode d’obtention de l’huile et de sa conservation ». Dans une recommandation à l’adresse des industriels producteurs d’huiles essentielles et fabricants de produits cosmétiques, l’Afssaps a souligné que le respect des critères de qualité spécifiques à chaque huile « a un retentissement sur la qualité du produit, en particulier sur son innocuité ».

Opale HE : 2, rue d’Écottes, 62610 Rodelinghem, tél. 03 21 36 83 17

 

ginkgo-biloba

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